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mercredi 25 mai 2016

Les putes voilées n'iront jamais au Paradis de Chahdortt Djavann



Ce roman fort, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran.

Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme. L'auteure part d'un fait réel : dans plusieurs villes iraniennes des prostituées sont retrouvées mortes, étranglées avec leur tchador. L'Iran est un pays où, selon l'islam, les femmes mariées qui se prostituent sont condamnées à la lapidation. pourtant la prostitution est omiprésente, liée au chômage et à la religion qui inculque la haine du corps et du plaisir sexuel.   Chahdortt Djavann choisit le prisme de la fiction, avec Soudabeh et Zahra, deux très belles enfants, qu'on marie à l'âge de 10 ans avec des hommes de 30 ans, et qui vont finir dans le même enfer : la prostitution. Beaucoup de jeunes filles tentent d'échapper à des mariages forcées, mais sont violées dans les 24 heures puis prostituées. 

Ce qui est frappant avec ce livre, c'est l'immense hypocrisie qui règne: au pays des mollahs, de la morale rigoriste, la prostitution est une institution nationale. Tout est interdit, mais tout est facile à trouver. Le langage est cru et rempli de rage et on ressent la colère et le courage de Chahrdott Djavann tout au long du récit. Une lecture bouleversante mais qui représente bien la réalité. Ce livre mi fiction mi documentaire est un vrai réquisitoire pour l'égalité des femmes!





mercredi 28 janvier 2015

Coup de chapeau à Damien ROUDEAU reporter graphique

Né le soir de Noël 1981, Damien Roudeau se consacre depuis 2001 au reportage graphique,  en BD et en carnets de voyages. Diplômé de l’école Estienne, il édite depuis 2005 carnets de voyage et reportages, privilégiant les sujets au long cours. Il a travaillé un an au sein de la communauté Emmaüs et raconte son aventure parmi ses compagnons de partage dans une de ses bandes dessinées. Dès lors, il privilégie les sujets qui ouvrent les yeux sur le monde : groupes de sans-logis, sans-papiers, familles Roms, usagers de drogues ou squatters...

Il travaille depuis 2002 pour divers supports : presse, magazines, édition, associations, ONG, quartiers en rénovations. Diplômé en illustration et en arts plastiques, il poursuit ses recherches de métissage du dessin avec le son ou la vidéo.

Après avoir participé à l'aventure du collectif Les Yeux dans le monde (2003-2013), Damien a intégré en janvier 2013 le collectif de documentaristes Argos : http://www.collectifargos.com/damien-roudeau. Dans la rue en Inde (globetrottoir.tumblr.com), avec les habitants de Villiers-le-Bel (http://villiersrebel.tumblr.com/ ), ou de Saint-Denis (http://semarensemur.tumblr.com/) dans les mines d’or avec les journalistes d'Argos (www.collectifargos.com), ou dans le Shandong en Chine avec les Tribulants (carnettistes-tribulants.com)... Damien dessine en bande. Et parfois, il en fait des bandes dessinées.
 
Sur le principe du journal de rue, Damien affiche régulièrement ses reportages dans l’espace public : “murs d’expression” temporaires ou pérennes, sur le site d’un chantier, les palissades d’un quartier en rénovation, d’un immeuble... Restitution d'un témoignage grand format, composé d’agrandissements de dessins réalisés in situ, pour que les passants puissent par exemple suivre l’avancée d’un projet d’urbanisme. Ces murs originellement destinés à « dissimuler au regard » deviennent espace de révélation, un point de convergence, d’échange et d’information.

Il a obtenu de nombreux prix littéraires :

Prix du jury Grands Reportages pour «Portraits cachés» (2002)
Prix DIY pour «10 ans de free» (2005)
Grand Prix Michelin du Carnet de Voyage pour «De bric et de broc» (2006)
Prix MSF du carnet engagé pour «Matin rouge» (2008)
Grand Prix La Plagne des Ecrivains voyageurs (2008)
Prix du carnet multimédia Vidéoformes pour «Passport» (2010)

Bibliographie


10 ans de free (éd. Techno plus, 2005)
De Bric et de broc (éd. Parole et Silence, 2006)
Matin rouge (éd. Bandes à part, 2008)
Têtes de pioche (éd. Corac, 2009)
Rosny grandeur nature (éd. Folies d’encre, 2011)
Dosta ! vol. 1 & 2 (éd. Vide Cocagne, 2012)
Les Désobéisseurs (Collectif, Vide Cocagne 2013)
Villiers rebelle (éd. Boite à Bulles, 2014)
Être là (collectif, Futuropolis, 2014)

Télévision
: Carnet de Voyage, Ecosse (Arte / Gédéon, 2007)

jeudi 31 juillet 2014

Le Fils de Philipp Meyer

Finaliste du Prix Pullizer 2014, le Fils dresse une fresque de l'Amérique des années 1850 à nos jours. A travers la voix de 3 générations d'une famille texane, on suit le parcours d'Eli, enlevé par les Comanches à l'âge de 11 ans, la petite fille ambitieuse qui se retrouve à la tête de l'une des plus grosses fortunes du pays, le tout dnas le contexte historique de la guerre de Secession.  Un roman exceptionnel qui parle de la condition humaine et la part d'ombre du continent américain.

jeudi 24 juillet 2014

A l'origine notre père obscur de Kaoutar Harchi

Dans la maison où les femmes sont enfermées, on redresse les torts, réels ou supposés des épouses, des soeurs ou filles qui se seraient rendues coupables à l'encontre des lois patriarcales. Parmi elles, une jeune fille cherche en vain l'amour de sa mère, qui est enfermée avec elle. Mais sa mère est indifférente à son existence car elle espère que celui qui l'a abandonnée vienne enfin la délivrer. "...il faudrait pouvoir nommer cet endroit où se développe cette accoutumance au chagrin..". Sa mère morte, elle décide d'aller à la rencontre de ce Père qu'elle ne connait pas. Mais dehors, dans la maison du père, où sévit le clan familial tout-puissant, un cauchemar affreusement symétrique menace de fondre sur l'héritière sacrificielle née d'un couple tragique et foudroyé.
Un texte fort, écrit poétiquement; qui donne toute la place à la souffrance de ces femmes.

vendredi 18 juillet 2014

Toute la terre qui nous possède de Rick Bass

Dans ce roman foisonnant d'histoires de vie, Rick Bass décrit la région d'Odessa au Texas, et les paysages fantastiques du Mexique, où se croisent des désirs bien humains réalisés ou déçus. Animés par l'avidité et le désir, les personnages rôdent, se heurtent, se dévorent entre-eux...Ici les hommes racontent la terre qu'ils foulent et qui gardera la trace de leur passage.
1933, les membres d'une famille qui habite près d'un lac salé, récoltent le sel. Sans eau potable la famille mène une existence de labeur et de souffrance, avec les dunes qui menacent d'ensevelir régulièrement la maison. Ils perçoivent une nuit, un éléphant qui traverse le lac salé...
1966, à Odessa dans l'ouest du Texas, un jeune géologue supervise les exploitations pétrolifères et parcourt le désert à la recherche de fossiles et d'ossements pour les vendre au musée.
1967. Pour oublier son histoire d'amour, Richard est parti travailler au Mexique où il côtoie des hommes abîmés qui se saoulent et meurent à petit feu. 
1976 Richard revient à Odessa...     


samedi 10 mai 2014

Nos silences de Wahiba Khiari

Enseignante en anglais, une langue de renégats, dans un collège mixte, refusant la port du voile et distillant avec conviction et persévérance un message de tolérance à mille lieux des discours et des acte de haine et d’exclusion qui fleurissent dans cette Algérie de la fin du XXème siècle, la narratrice a  pris conscience du fait que sa vie est en sursis, que ceux qui se sont  donné le droit de tuer,  ne peuvent qu’être en train de préparer l’occasion. La disparition subite de la meilleure élève de sa classe,  aura finalement raison de sa résistance : elle choisira l’exil.

Avec une plume d’une fraîcheur et d’une délicatesse tout à fait remarquables, elle décrit cette Algérie en proie à tous les excès injustifiables, et elle accompagne des femmes rabaissées de manière impardonnable. Entre la culpabilité de l’exil et l’abomination de l’asservissement, elle nous fait entrer de plein fouet dans la réalité de la souffrance de ces femmes auxquelles il est contesté le droit d’exister, auxquelles il est refusé le statut d’être humain !

C’est poignant, violent, terrible. Les mots sont forts, précis, sans concessions. L’histoire est dramatique comme ces destins brisés.

Wahiba KHIARI reçu le Prix Senghor en 2010 pour ce magnifique petit roman.

mercredi 25 septembre 2013

La dernière séance de Chahdortt Djavann

Deux récits entrelacés donnent une construction originale à ce roman. Donya, une jeune étudiante iranienne, est promise à un bel avenir.  Mais son destin bascule le jour où elle est arrêtée par des gardes de la révolution pour indécence parce q'elle pique-niquait pied nus dans un parc avec des amis. Emprisonnée, elle subit un viol collectif dans sa geôle. Enceinte, elle "se laisse" épouser clandestinement, sans que ses parents le sachent, par un homme riche, à qui elle demande une grosse somme d'argent en échange du mariage. Son seul espoir est de quitter ce pays.  
En parallèle de ce récit, nous assistons à des séances de psychanalyse de Donya deux ans plus tard à Paris, après deux tentatives de suicide . Elle essaie d'exorciser les démons de son passé et de reprendre pied dans la réalité.

Dans ce roman, on découvre le mode de fonctionnement de la société iranienne, où le mensonge est de mise, tout comme la corruption. L'auteur décrit ce pays comme le siège de tous les maux et de l'hypocrisie généralisée.

samedi 8 juin 2013

Et quelquefois j'ai comme une grande idée de Ken Kesey

Alors que la grève étrangle Wakonda, une petite ville forestière de l’Oregon, les Stampers, un clan de bûcherons, bravent l’autorité du syndicat, la vindicte populaire et la violence d’une nature dont la beauté est sans limite. Mené par Henry, le patriarche incontrôlable, et son fils,  Hank, les Stampers jouent la solidarité… Mais, après des années d’absence,  Lee, le cadet introverti, a pour  seul dessein  d’assouvir une vengeance. Rivalités, amitiés, haine et amour, composent ce roman époustouflant qui nous entraîne aux fondements des relations humaines. Ken Elton Kesey , est l'auteur légendaire de Vol au-dessus d’un nid de coucou. Une écriture à la Faulkner, Dos Passos, Truman Capote ou Tom Wolfe. Un chef-d’œuvre!

mardi 13 novembre 2012

Chroniques de Jérusalem. Guy Delisle

Dans l'esprit des Chroniques Birmanes, Guy Delisle raconte sous forme de bande dessinée, son séjour d'un an à Jérusalem, avec sa femme, Médecin Sans Frontières et  leurs deux enfants. Il décrit avec humour mais aussi lucidité, la vie des palestiniens, les quartiers occupés par les colons, l'intolérance des ultra-orthodoxes... il est, par exemple, interdit de parler à une femme, donc l'un d'eux refait son lacet en s'adressant à cette femme, mais sans la regarder! Il raconte toutes les aberrations qui lui sautent aux yeux en tant qu'expatrié et qui font le quotidien des habitants de Jérusalem. Vraiment très intéressante BD que je vous recommande.                           

vendredi 29 juin 2012

La Mémoire trouée. Elisabeth Combres

Avril 1994. Au Rwanda, la guerre civile entre Hutu et Tutsi démarre. Lors d'une attaque des Hutu, Emma, petite fille Tutsi de 5 ans, était cachée derrière le vieux fauteuil de la maison. Elle n'a rien vu de l'assassinat de sa mère, mais a tout entendu. La peur au ventre, elle s'enfuit et trouve refuge chez une vieille femme,  paysanne Hutu, qui l'accueille malgré leur différences. Les années passent. Emma grandit hantée par le souvenir de ce fameux jour qui persiste dans son esprit. Sa rencontre avec un adolescent Tutsi et un vieil homme, vont l'aider à parler de son passé et à se reconstuire. Excellent roman.

jeudi 28 juin 2012

Billy Elliot. Melvin Burgess


Billy, 12 ans, vit dans une ville minière du nord de l'Angleterre avec son père Jackie, son frère Tony et sa grand-mère. Sa mère est morte. La vie quotidienne est difficile dans ce quartier ouvrier touché par le chômage. Poussé par son père, Billy apprend la boxe, pendant que les adultes se battent pour sauver leur emploi. Seulement Billy préfèrerait suivre les cours de danse qui se déroulent dans le même gymnase. Mais cela n'est pas du goût de son père. Encouragé par la prof de danse, Billy va s'entrainer en cachette de son père...

Kia Ora. Olivier Jouvray

Nouvelle-Zélande, au début du XXe siècle. Les Maoris s'adonnent aux danses et chants traditionnels en costume. Cette coutume va terriblement intéresser Mr Hartmann, représentant d'une riche société européenne. Il va proposer au groupe de partir en tournée à travers le monde. Mais les Maoris ne connaissent pas les vrais intentions de Mr Hartmann, qui va les présenter dans des expositions universelles, à la manière d'animaux rares,  et que les Européens "civilisés" ne verront en eux que d'étranges monstres exotiques...Une très bonne BD qui parle du regard des Blancs sur les autres peuples à l'époque des colonies.

mardi 19 juin 2012

Chroniques Birmanes de Guy Delisle

Guy Delisle réalise ici une sorte de journal de voyage. Un voyage un peu particulier, puisqu'il accompagne sa femme, médecin sans frontières, pour un séjour en Birmanie. Ses journées s'organisent entre la garde du bébé et son activité de scénariste de BD. On découvre la vie de cette dictature dont le nom officiel est le Myanmar, (nom donné par l'O.N.U. depuis 1989). Sympathique et drôle, cette BD dénonce aussi clairement le régime dictatorial en place.

samedi 18 février 2012

L'Equation africaine. Yasmina Khadra

Désespéré par le suicide totalement imprévisible de sa femme, Kurt Krausmann, un médecin allemand, accepte d'accompagner un ami pour une mission humanitaire aux Comores. Mais au large de la Somalie, leur bateau est pris d'assaut par des pirates. Kurt et son ami Hans sont pris en otages par une bande de mercenaires sans états d'âme. Entre peurs, brimades, humilliations, tortures physiques et morales, le quotidien des otages est une véritable plongée dans l'horreur. Mais la captivité de Kurt va bouleverser sa vie.
Yasmina Khadra dresse un portrait saisissant de cette afrique sauvage mais digne. Un continent qui s'évertue à rester debout malgré des décennies de tyrannies génocidaires, d'élites corrompues, assoiffées de pouvoir et d'argent et qui laissent mourir leur peuple sous le regard indifférent de l'Occident. 

vendredi 9 décembre 2011

Groenland Manhattan. Chloé Cruchaudet

Atention coup de coeur!
1897. L'explorateur américain Robert Peary ramène du Groenland une famille d'esquimaux à New York, sous prétexte d'une vie meilleure. Minik, âgé de 7 ans, fait partie du voyage avec son père.  Il admire cet explorateur qu'il prend pour un ami. Mais Robert Peary cherche à récolter des fonds pour de futures expéditions, en les présentant à la "bonne société" New Yorkaise comme des objets d'étude. On les met à nu, on les mesure, on les photographie, on les habille à l'occidentale. Les esquimaux se prètent volontiers à ce jeu, inconscients des enjeux et du danger qui les guette. Ils vont mourir de tuberculose, excepté Minik qui survivra. Il sera adopté par une famille américaine, et s'acclimatera à cette nouvelle vie. Jusqu'au jour où le besoin de retrouver ses racines sera trop fort...
Cette histoire est inspirée d'un fait réel. Chloé Cruchaudet a rendu magnifiquement bien les mentalités de cette époque colonialiste dans laquelle les sociétés "civilisées" regardainet le reste du monde avec beaucoup de condescendance.

samedi 3 décembre 2011

Les aubes écarlates. Léonora Miano


Les aubes écarlates  est l’élément central de la trilogie Suite africaine de Léonora Miano.
Enrôlé comme enfant soldat, Epa a fui les  troupes d'Isilo, le chef de guerre. Il a traversé le  Mboasu pour échouer à "La Colombe" un centre qui recueille les enfants abandonnés. Là, il retrouve Ayané et Musango les héroïnes de  L'intérieur de la nuit  et de Contours du jour qui vient.  Il raconte son parcours d'enfant soldat : rapines, exécutions, viols...  la folie et la violence que l'Afrique ne cesse de perpétrer contre elle-même. Pour conjurer le passé d’une terre qui ne cesse de se faire souffrir elle-même, Epa devra rechercher ses compagnons d’infortune et les rendre à leur famille.

L'Intérieur de la nuit. Léonora Miano


L’intérieur de la nuit est le premier volet d’une trilogie que Léonora Miano intitule Suite Africaine.
Ayané est la  fille d'un couple monogame, ce qui est vraiment insolite à Eku, son village natal. Après être partie étudier en France, elle rentre en Afrique dans son  village, mais elle trouve un lieu désolé, déserté par les hommes qui travaillent au loin, où femmes, enfants et vieillards vivent en marge du monde, dans la misère et l'ennui. La guerre civile ravage le pays. Un soir, des miliciens envahissent le village : ils veulent des garçons pour grossir leur armée, et des filles pour la troupe. Surtout, ils prétendent restaurer l'unité du peuple africain, lui rendre son âme. Une cérémonie se prépare, au cours de laquelle ils imposeront aux villageois de commettre une terrible transgression. Une longue nuit commence...
Un roman poignant à lire absolument!

mercredi 30 novembre 2011

Contours du jour qui vient. Léonora Miano

Troisième volet de la "Suite Africaine" de Léonora Miano.  L’histoire de Contours du jour qui vient se déroule encore dans ce pays imaginaire d’Afrique équatoriale, le Mboasu. La guerre annoncée dans L’intérieur de la nuit et à l’œuvre dans Les aubes écarlates, est passée. Le pays est sens dessus dessous, et les parents acculés par la misère se défont de leur progéniture. L’héroïne, Musango, est une fillette chassée par sa mère qui l’accuse d’avoir le mauvais œil. Elle s’adresse à elle en imagination, résolue à la retrouver, pour comprendre son histoire et se créer un futur.

Un roman poignant qui décrit une Afrique dépassée par une grande misère où les  superstitions ont le beau rôle...

mercredi 9 novembre 2011

En cage. Kalisha Bukhanon

 Antonio, jeune noir de Harlem vient d'être emprisonné pour le meurtre de son père. Très amoureux de Natasha, il commence une correspondance assidue avec elle. Mais dix ans c’est long et ils devront, chacun de leur côté, faire des choix difficiles, essayer de comprendre le fait que chacun de son côté grandit et change. Des premières lettres enflammées, aux soupçons qui les gagnent, on assiste à leur évolution : la bataille de Natasha pour exploiter à fond ses capacités intellectuelles, sans se faire tirer vers le fond par sa situation de jeune Noire de Harlem; et le combat d’Antonio pour s’en sortir malgré la pression de la prison et le peu de perspectives après ces années passées derrière les barreaux. Mais tous les deux vont, grâce à leurs expériences, transcender leurs destins qui semblaient bouchés au départ, et tout cela est raconté sans jamais tomber dans le misérabilisme ou le cliché.
Un roman d’amour poignant, original par sa forme de roman épistolaire qui nous fait découvrir la condition des habitants de ce quartier de New York.

samedi 8 octobre 2011

Construire un feu. Jack London

Dans le Grand Nord canadien, aux confins de l'Alaska, par une température de moins 70°, un homme avance seul pour rejoindre ses compagnons. Il est accompagné de son chien loup. L'animal sait que cette expédition est déraisonnable, mais l'homme n'en a pas conscience. Cet homme connaît la région. Pour avoir une chance de survivre, il va construire un feu. Construire un feu dans ces conditions, c'est un peu comme construire sa vie. Seul, il est difficile d'y réussir et d'aller bien loin. Au cœur d'un environnement dangereux, la lucidité de l'animal est impuissante face à l'aveuglement d'un être humain isolé, livré aux seules ressources de son savoir et de sa résistance corporelle. Ce récit est d'une grande force expressive.

Jack London était un écrivain américain du début du vingtième siècle. La matière de ses livres, c'était sa vie, ses aventures, ses luttes pour un monde meilleur. De tempérament indomptable et généreux, il comprenait de l'intérieur ce que peuvent ressentir des hommes ou des animaux confrontés à une nature ou à une société impitoyables. A la recherche de lui-même, London est tombé sur une énigme indéchiffrable. C'est souvent le cas des écrivains qui prennent tous les risques dans leur vie comme dans leur œuvre.

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